- Alors joyeux Noël !
- Merci, mais je croyais qu’on ne se faisait plus de cadeaux …
- Je sais, mais moi cela me fait plaisir de t’offrir quelque chose.
- Je n’en doute pas, Simone, et c’est tout à ton honneur. Mais du coup, cela me gêne de n’avoir rien à te donner
…
- De toute manière, tu ne m’offres jamais rien. Donc cela ne doit pas trop te déranger ! Même pas des fleurs à la fête
des mères !
- Bien que tu me traites parfois comme un gamin, je te signale que nous n’avons pas
d’enfants.
- Ouais, c’est vrai que, pour que je puisse en faire avec toi, faudrait déjà que tu passes par la case « adulte » … et y a encore du boulot … et c’est pas gagné …
- Et tu oublies la Saint-Valentin …
- Oh, pour ça, ne t’en fais pas, depuis le temps j’ai bien compris ton manège : tu le fais pour ne pas avoir à faire ceinture pour
le reste de l’année !
- C’est comme ça que tu le prends ?
- Oui, Robert, c’est comme ça que je le prends ! Enfin … j’aurai peut-être droit à des chrysanthèmes sur ma tombe,
si Monsieur ne me remplace pas trop vite …
- Et c’est reparti comme en 40 …
- Et cette histoire de ne pas faire de cadeaux, ne me dis pas que cela ne t’arrange pas : comme ça, tu n’as pas à te
fatiguer pour réfléchir au moins une fois à quelqu’un d’autre qu’à ta petite personne.
- Quand je t’offre quelque chose, c’est toujours trop ci ou trop ça …
- Ce n’est quand même pas de ma faute si tu n’as pas de goût ! Pour les vêtements, de toute façon, faut oublier, tu
n’es même pas fichu de t’habiller !
- Et moi qui pensais que j’allais passer une soirée tranquille, avant de devoir endurer le repas de la famille avec des
discussions à la con, on peut dire que je suis tout de suite dans le bain.
- Et bien tu n’as qu’à faire comme tu devrais le faire tout le temps avec moi : moins boire et te la coincer
!
- Alors là, c’est le pompon ! Et pas du père Noël … Evidemment, parler pour ne rien dire, ou suivre le consensus bien
pensant, pérorer sur ce que nous ne pourrons pas faire dans cinquante ans plutôt que sur ce que nous pourrions faire maintenant, c’est plus simple …
- Et toi, si tu ne nous gavais pas avec tes théories …
- des raisonnements, Simone, …
- tes théories, je disais, qui ne servent qu’à donner mauvaise conscience, si tu pouvais nous lâcher la grappe de temps
en temps, on pourrait bouffer tranquillement cette putain de dinde et ce foie gras qui fait grossir … tu nous saoules, bordel !
- Et moi, je crois que je vais me bourrer la gueule. Tu reprends une coupe de champagne ?
- Volontiers. J’ai bien besoin d’un remontant. Je déprime rien qu’à l’idée de toutes ces discussions à la noix qu’on va
devoir se taper avec des abrutis à Nouvel-an !
Territet. Finie la route, finies les histoires avec Simone et Robert. Quoique ... j'ai l'impression qu'on n'a pas fini d'en entendre parler ... Jack les a
retrouvés en dérive totale au Jazz à Montreux ...
Bergame. Jack, depuis le temps, avait vu pas mal de trucs. Mais cette dernière étape à Bergame l'avait quand même laissé sur le cul. Une vieille cité sur une
colline, aux rues si étroites qu'elles ne laissaient entrevoir que des bribes des monuments, avec une basilique austère, torturée, et un intérieur hallucinant : le feu sous la glace, la main de
velours sous le gant de fer ... Les contrastes, y a que ça de vrai ...
Trieste-Bergame-Territet
Duino (Trieste). Simone avait parfois des insatisfactions qu'elle avait du mal à gérer, malgré un gros travail sur elle, avec l'aide de son psy qui se
donnait pourtant du mal et qui payait beaucoup de sa personne ...
Ljubljana. On dit que les voyages forment la jeunesse, donc Jack pensait ne pas être concerné. Mais découvrir une nouvelle façon de servir une bière
l'interpellait : fallait-il tout remettre en question, et collectionner des bouteilles au lieu de cannettes ?
Lac Balaton. Jack n'y comprenait plus rien : en Ukraine, pas de panneaux et plein de charrettes avec des chevaux, et en Hongrie, c'est le contraire
!
Bratislava-Lac Balaton-Ljubljana-Trieste
Bratislava. Robert avait parfois du mal à suivre Simone, à voir où elle voulait en venir. Cela l'assommait parfois.
Bratislava. Simone arrivait à l'âge de LA question, et cherchait toujours la réponse ...
Poprad. Ce coup-ci, cela a été la totale pour Jack the Biker. Après une mise en bouche de jardinage d'une heure dans la caillasse, avec le souci de ne pas crever, vu qu'il était au
milieu de nulle part, tout seul, pas de passants à l'horizon, et de quelques entraînements pour passer les nids de poule (à fond, taquet manette ...) et les nids de dindon (freinage catastrophe,
puis debout sur les repose-pieds), il s'est fait sa première confrontation avec l'autorité.
Uzhgorod-Poprad-Bratislava
Uzhgorod. Simone se posait parfois des questions, qui, pour être récurrentes , n'en avaient pas moins leur importance.
Derniers Commentaires